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Tout joue en faveur de l'UMP : son score de premier tour, la dynamique politique et la logique des reports de voix
Les quatre clés d'un résultat annoncé


Colette Ysmal
[15 juin 2002]

Comme toute élection, ce second tour des élections législatives peut réserver des surprises. A la veille du scrutin, nul n'imaginait cependant qu'il aboutisse à une victoire de la gauche. Le rapport de force entre les gauches (40 %) et les droites (56 %) est en effet trop déséquilibré pour que la droite modérée n'emporte pas une importante majorité des sièges à l'Assemblée nationale. Cela est d'autant plus vrai que le taux élevé d'abstentions (35 %) au premier tour, couplé avec le recul de l'extrême droite, a limité le nombre des triangulaires. Pour comprendre les résultats, on suivra plus particulièrement quatre points.

1. L'abstention.

Au premier tour, l'abstentionnisme a davantage concerné les sympathisants de l'extrême gauche, de la gauche et des Verts que ceux de la droite modérée. Il y a donc une réserve d'électeurs plus importante dans un camp que dans l'autre. En 1993, dans une période de reflux du PS, les électeurs de gauche s'étaient mobilisés au second tour pour tenter de sauver ce qui pouvait l'être. En sera-t-il de même le 16 juin 2002 ? Ce mouvement devrait cependant être limité dans la mesure où le Parti socialiste et ses alliés se sont contentés de dire qu'il ne fallait pas laisser tout le pouvoir à la droite sans délivrer de message vraiment fort.

Au demeurant, même si une partie des personnes proches de la gauche se rendaient aux urnes, cela ne devrait pas changer massivement le taux global de l'abstention. Beaucoup de candidats ont disparu et une partie de leurs électeurs devrait ne pas participer au scrutin.

2. Le comportement des électeurs du Front national et du MNR.

Que feront les électeurs de l'extrême droite dans les cas de duels entre la gauche et la droite modérée ? En 1997, dans ce cas de figure, 30 % de ceux-ci s'étaient abstenus alors que 49 % avaient choisi les candidats RPR, UDF et divers droite et 20 % ceux du PC, du PS ou des Verts. Il est vrai qu'à l'époque, la stratégie de Jean-Marie Le Pen était plus hostile à la droite qu'elle ne l'est aujourd'hui. Toutefois, si les électeurs du FN adoptaient la même attitude qu'en 1997, ils pourraient contribuer à faire élire des députés de gauche lorsque les affrontements entre l'UMP et la gauche sont particulièrement serrés.

En revanche, l'attitude des électeurs FN ne se révélera décisive dans les quelques cas de triangulaires que si ceux-ci choisissent, ce qu'ils n'avaient pas fait en 1997, le vote utile en faveur de la droite modérée. Les candidats du FN ont peu de chances de l'emporter, mais un transfert de leurs électeurs sur l'UPM entraînerait la défaite de la gauche, même si celle-ci est en tête du scrutin de ballottage.

3. La dimension de la défaite de la gauche.

Quel sera le nombre de sièges obtenus par la gauche ? En 1993, celle-ci n'avait obtenu que 75 députés en métropole : 22 communistes et 53 socialistes. Il est vrai que le score du PS avait été particulièrement bas (20 % des suffrages exprimés) alors que le PCF avait recueilli 9,7 % des voix et que les écologistes (11,1 %) n'appartenaient à aucune coalition.

Cette année, le PS, le PRG et les Verts se situent à environ 30 % des voix, mais le PCF a plafonné à 4,7 %.

Les bastions socialistes se sont maintenus alors que les fiefs communistes se sont fortement érodés, les notables communistes ne pouvant plus enrayer le déclin de leur parti.

Dans les meilleures conditions, soutien des abstentionnistes du premier tour, bon report des voix des Verts voire du Pôle républicain, appoint d'électeurs FN préférant la gauche à la droite, le PS et ses alliés pourraient obtenir 180 sièges environ. La place des Verts sera réduite : un ou deux élus ?

Reste le cas du Parti communiste. Il est à peu près certain qu'il n'atteindra pas le seuil de 20 députés actuellement nécessaire pour constituer un groupe parlementaire. Arrivera-t-il à une dizaine de députés ? C'est désormais l'enjeu du deuxième tour.

4. La place de l'UDF au sein de la droite modérée victorieuse.

Tout joue en faveur de la droite modérée : son score de premier tour (43,7 %), la dynamique de la victoire, et le renfort qu'elle peut attendre de la part des électeurs de Chasse Pêche Nature Traditions et de ceux de beaucoup de candidats étiquetés divers. Enfin, dans les duels entre la droite et l'extrême droite, il est probable que les électeurs de gauche privés de candidats se reporteront sur les candidats UMP ou UDF lorsque cela sera nécessaire. En 1997, 70 % des soutiens du PC, du PS ou des Verts au premier tour avaient choisi la droite modérée alors que 25 % s'abstenaient et que 5 % votaient FN.

La victoire devrait donc être large : moins de 400 sièges ou près de 450 ? Telle est la question. Au sein de cet ensemble, quel sera le poids de l'UDF ? Au premier tour, les candidats présentés par François Bayrou ont obtenu 4,2 % des suffrages et l'UDF a déjà obtenu 6 élus. Il est à peu près certain que les centristes « irréductibles » ou méfiants à l'égard de l'hégémonie du RPR au sein de l'UMP pourront avoir plus de 20 députés. S'ils se rapprochaient de 30, ce serait pour François Bayrou une chance de mieux faire entendre sa différence, voire d'attirer au sein de son groupe certains membres de son parti investis par l'UMP.


 


LA NOUVELLE ASSEMBLÉE :

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>Les résultats par circonscription
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ABSTENTION AU SECOND TOUR
Un nouveau record :
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