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Un mois et demi après le duel Chirac-Le Pen de la présidentielle

Dans la 13e circonscription du Rhône, il aurait fallu un improbable transfert de voix au bénéfice de Bruno Gollnisch pour permettre son élection.
(Photo AFP)
 
Une élection à oublier pour le Front national


Olivier Pognon
[17 juin 2002]

Sans aucun élu, le Front national va, comme chaque fois, souligner le paradoxe dont il est victime: avec 2 873 000 voix, soit plus de 11% des voix au premier tour, il sera donc absent de l'Assemblée nationale alors que le PC, par exemple, qui n'a eu que 4,9% des suffrages au premier tour, y sera représenté par au moins 20 députés.

Le Front national subit la loi du scrutin majoritaire. Sans alliances, un parti ne peut avoir des élus dans ce mode de scrutin que s'il peut approcher seul la majorité absolue dans un certain nombre de circonscriptions. Le FN en était loin. Éliminés le 9 juin dans près de 540 circonscriptions, présents au second tour dans 37 autres, les candidats lepénistes participaient à 9 triangulaires, 20 duels avec la droite et 8 duels avec la gauche. Dans les triangulaires, ils étaient partout en deuxième ou troisième position. Les réserves de voix de ses candidats étaient quasi nulles, contrairement à celles de leurs adversaires. Les résultats d'hier tendent à prouver qu'ils n'ont bénéficié d'aucun transfert. Au contraire. Le phénomène observé au premier tour – un certain nombre d'électeurs de Jean-Marie Le Pen du 21 avril s'étaient abstenus ou avaient voté pour les candidats UMP – semble s'être amplifié hier. Ainsi, dans la 2e circonscription du Gard (Beaucaire, Vauvert) qui avait donné son meilleur score (29,8%) à Jean-Marie Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle, Florence Berthezène (FN) n'était arrivée qu'en deuxième position derrière le sortant socialiste avec 21,74% des voix au premier tour. Elle passait pourtant pour la candidate qui pouvait à la rigueur réserver une surprise en cas de transfert de voix de la droite modérée à son profit. C'est le contraire qui s'est produit: le candidat UMP Etienne Mourrut, arrivé en troisième position au premier tour, a été élu hier grâce à un report très important des autres candidats de droite, y compris de certains électeurs de Florence Berthezène, qui a perdu 1 300 voix entre les deux tours.

Il en allait de même dans la 13e circonscription du Rhône où Bruno Gollnisch était séparé de 10 points (avec 23,23% des voix) du député sortant Martine David, PS (33,01%). Anne-Marie Dubost, UMP-RPR, troisième avec 21,33% des voix, s'était maintenue. Le FN était en droit, au soir du premier tour, de tenir comme possible l'élection de Jacques Bompard, dans la 4e circonscription du Vaucluse. Le maire d'Orange était arrivé deuxième (34,06%), tout près du député sortant Thierry Mariani, UMP-RPR (35,23%), et il n'était pas impossible qu'une mobilisation des abstentionnistes le place en tête au second tour. Mais le retrait de Pierre Lambertin (PS) au profit de Thierry Mariani a écarté cette éventualité.

Même chose dans les 19 duels qui opposaient la droite modérée au FN. Le suspense, là, était à peu près nul.

Restaient les cas des huit duels où le candidat FN était en compétition avec la gauche. Les candidats UMP éliminés au premier tour avaient appelé à «faire barrage au FN». L'expérience prouve que l'électorat de droite se partage et qu'une partie se reporte sur le candidat FN, surtout lorsqu'il a pour adversaire un communiste.

C'était le cas dans la 3e circonscription de Seine-Saint-Denis et la quatrième des Bouches-du-Rhône. Le poids de la gauche, dans ces deux circonscriptions très à gauche, laissait pourtant une marge confortable aux candidats communistes dans ces deux circonscriptions, comme au socialiste dans les six autres.


 


LA NOUVELLE ASSEMBLÉE :

Image du sondage
>Les résultats par circonscription
>La carte de répartition des votes

ABSTENTION AU SECOND TOUR
Un nouveau record :
Image du sondage
>Les résultats nationaux



 


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