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Il perd une centaine de sièges par rapport à la précédente Assemblée
Défait, le PS évite la déroute
Selon des estimations fournies par Ipsos hier à 22 h 30, le PS et le PRG obtiendraient 152 députés dans la nouvelle Assemblée.

Elsa Freyssenet
[17 juin 2002]

Les socialistes s'y attendaient : ils ont été battus hier soir. Une consolation, cependant : le PS a évité la déroute. Réélu dans la 1re circonscription de Corrèze, le premier secrétaire, François Hollande, peut escompter demeurer à la tête du PS dans les mois qui viennent. « La droite qui voulait tous les pouvoirs a désormais toutes les responsabilités », a-t-il déclaré hier soir, parlant, pour le PS, de « défaite disons honorable ». Et de fixer la feuille de route des socialistes pour les prochains mois : « Ils doivent travailler sans précipitation mais avec obstination pour formuler un nouveau projet pour le pays », en associant « largement tous nos partenaires » ainsi que le monde associatif. Une formule qui s'apparente aux « états généraux » prônés par Jean-Marc Ayrault (réélu la semaine dernière) dont le poste de président du groupe PS à l'Assemblée est brigué par Laurent Fabius. « La gauche va devoir réfléchir, reconstruire et réunir », a estimé l'ancien patron de Bercy, réélu en Seine-Maritime (4e). Dominique Strauss-Kahn, lui aussi réélu (Val-d'Oise, 8e), a pris date : « La gauche a besoin de se réorganiser, sur ses orientations politiques, sur sa stratégie, sur son organisation. Quelques autres comme moi, mais moi aussi, feront des propositions dans les semaines à venir. »

Le scrutin d'hier a réservé aux socialistes quelques mauvaises surprises de taille. A commencer par la défaite de Martine Aubry dans le Nord (5e). Le maire de Lille paie sans doute son absence dans une circonscription qui ne comprend aucun faubourg de Lille et les déceptions nées de l'application des 35 heures. « C'est injuste », a jugé DSK, son ancien rival. Cinq autres anciens ministres sont battus : Pierre Moscovici (Doubs 4e), François Patriat (Côte-d'Or, 5e), Catherine Tasca (Yvelines, 11e), Marie-Noëlle Lienemann qui rate son parachutage dans le Pas-de-Calais (9e) comme Florence Parly dans l'Yonne (1re). Dans le Territoire de Belfort, Raymond Forni et Jean-Pierre Chevènement subissent, eux, les conséquences de la bataille présidentielle entre socialistes et chevènementistes.

La droite et les chasseurs ont eu raison du porte-parole du PS, Vincent Peillon, dans la Somme (3e). Autre cible des chasseurs et « candidat à abattre » pour le FN, le président de la région Paca, Michel Vauzelle, a été battu dans les Bouches-du-Rhône (16e).

Sur 248 sortants socialistes, quatorze, qui avaient dépassé le 9 juin les 45 % de suffrages, étaient assurés de leur réélection. Parmi eux, les anciens ministres de Lionel Jospin, Laurent Fabius (Seine-Maritime, 4e), Jean Glavany (Hautes-Pyrénées, 3e), Ségolène Royal (Deux-Sèvres, 2e) et Christian Paul (Nièvre, 3e). D'autres ex-membres du gouvernement Jospin abordaient le second tour en ballottage favorable. Jack Lang (Pas-de-Calais, 6e) et Elisabeth Guigou (Seine-Saint-Denis, 9e) ont réussi leurs parachutages, mais la gauche perd les circonscriptions que les anciens ministres avaient abandonnées dans le Loir-et-Cher et le Vaucluse. Daniel Vaillant (Paris, 19e), Claude Bartolone (Seine-Saint-Denis, 6e), Paulette Guinchard-Kunstler (Doubs, 2e) et Marylise Lebranchu (Finistère, 4e) sont reconduits. Jean-Jack Queyranne sort vainqueur de son affrontement avec Charles Millon dans le Rhône (7e).

Les porte-drapeaux de la gauche du PS, Henri Emmanuelli (Landes, 3e), Alain Vidalies (Landes, 1re) et Julien Dray (Essonne, 10e) sont aussi réélus. Parmi les députés de la « promotion 1997 », l'ancien avocat et « accusateur » de Jacques Chirac, Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire, 6e), conserve son siège. Ce qui n'est le cas ni de Marisol Touraine (Indre-et-Loire, 3e) ni de Yann Galut (Cher, 3e).

Trois conquêtes de début de soirée : la radicale de gauche Chantal Robin-Rodrigo a su profiter du départ de Philippe Douste-Blazy dans les Hautes-Pyrénées, le divers gauche Simon Renucci détrône José Rossi à Ajaccio et Michel Delebarre reconquiert la 13e circonscription du Nord.


 


LA NOUVELLE ASSEMBLÉE :

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ABSTENTION AU SECOND TOUR
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