EDITION IMPRIMÉE :   • A LA UNE • S'ABONNER   







 


Derniers articles / ARTICLE
 
Confirmé dans ses fonctions par le chef de l'Etat, le premier ministre a élargi hier soir son gouvernement, qui passe de 28 à 40 membres

Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, sortant de l'Elysée lundi après-midi, après avoir remis au président de la République sa démission de sa fonction de député.
(Photo AFP)
 
Raffarin complète son équipe et mobilise sa majorité
Tout est prêt pour passer au «temps de l'action», selon l'expression de Jacques Chirac. Lundi, juste avant que Jean-Pierre Raffarin ne retrouve les députés UMP élus la veille, le secrétaire général de l'Élysée a lu la liste du gouvernement remanié.

Guillaume Tabard
[17 juin 2002]

A 10 heures, dans la matinée, le premier ministre était entré dans le bureau du président de la République pour lui présenter sa démission, comme il est de tradition après des élections législatives. Il en était ressorti quelques minutes plus tard évidemment confirmé dans ses fonctions. A 16h18, il franchissait à nouveau la grille de l'Élysée, la liste de «Raffarin II» sous le bras. En une demi-journée, tout fut bouclé.

Entre-temps, le premier ministre avait déjeuné avec Jean-Louis Debré (RPR), Philippe Douste-Blazy (UDF), François d'Aubert (DL) et le conseiller politique de Jacques Chirac, Jérôme Monod.

Comme prévu, l'équilibre de l'équipe n'est pas fondamentalement modifié. Aucun poids lourd ne quitte le gouvernement, aucun poids lourd n'y entre. Dès dimanche soir, Philippe Douste-Blazy, réélu ric-rac à Toulouse, avait en effet fait savoir qu'il ne quitterait pas sa ville pour un ministère. Nicolas Sarkozy, François Fillon et Dominique Perben restent donc le trio de tête d'un cabinet plus chiraquien que jamais – aucun ami de François Bayrou ou d'Alain Madelin n'y entre – qui est passé de 27 à 39 membres, hormis le premier ministre.

L'ancien président du Parlement européen Nicole Fontaine fait finalement son entrée. Début mai, elle avait fait la fine bouche, refusant de n'être «que» ministre délégué aux Affaires européennes. Après six semaines de réflexion, elle a préféré n'être «que» déléguée auprès de Francis Mer, en charge de l'Industrie, plutôt que de ne pas en être du tout...

Après le départ de Renaud Donnedieu de Vabres, le portefeuille des Affaires européennes échoit tout de même à une femme: Noëlle Lenoir, une excellente juriste qui a effectué jusqu'alors son parcours dans le sillon de la gauche: du cabinet de Pierre Arpaillange au Conseil constitutionnel.

Il n'y avait que six femmes dans Raffarin I. Il y en a dix dans Raffarin II. Outre Nicole Fontaine et Noëlle Lenoir, deux femmes font leur entrée au gouvernement: le député maire de Fougères, Marie-Thérèse Boisseau, secrétaire d'État aux Handicapés. Cette UDF ralliée très tôt à l'UMP s'est fait connaître au Parlement comme auteur de la loi Robien sur la réduction du temps de travail. L'autre promue n'appartient pas au monde politique: la spationaute Claudie Haigneré est nommée ministre de la Recherche et des Nouvelles Technologies. Elle rejoint Francis Mer et Luc Ferry dans le «club» restreint des membres de la société civile.

François Loos, jusqu'alors titulaire du portefeuille de la Recherche, reste au gouvernement, mais prend en charge le Commerce extérieur. Un second ministre sortant change d'attribution: Nicole Ameline qui passe de la Mer, secteur désormais non attribué, à la Parité et l'Égalité professionnelle. Quant à Jean-Louis Borloo, ses attributions semblent sensiblement retaillées: son ministère de la Ville est rebaptisé ministère du Logement et des Rénovations urbaines. Autre entrée attendue, celle de Pierre-André Wiltzer. Le député maire de Longjumeau, qui avait apporté dans la corbeille de l'UMP les adhérents directs de l'UDF, obtient le ministère dont il rêvait depuis plus de dix ans: la Coopération et la Francophonie. Son entrée au gouvernement a pour effet d'envoyer à l'Assemblée la vice-benjamine des parlementaires: Nathalie Kosciusko-Morizet, 29 ans, jusqu'alors chargée de l'environnement au cabinet du premier ministre.

De jeunes parlementaires sont également récompensés: Pierre Bédier, le patron des fédérations du RPR, qui a brillamment repris son siège de député de Mantes-la-Jolie, travaillera auprès de Dominique Perben, en charge des programmes et investissements immobiliers dans la justice, et Renaud Muselier, autre «bébé Chirac», élu de Marseille, travaillera au Quai d'Orsay auprès de Dominique de Villepin. Le DL Hubert Falco, qui avait repris il y a un an la ville de Toulon au Front national, s'occupera des personnes âgées, et Henri Plagnol, député du «cru» 1997, de la réforme de l'État.

Pour la première fois, un élu d'outre-mer, Léon Bertrand, député de la Guyane, prend en charge le Tourisme. Autre nouveauté, c'est un harki, Hamlauoi Mekachéra, président du Conseil national des Français musulmans, qui s'occupera pour la première fois des anciens combattants.

Son gouvernement ainsi complété, Jean-Pierre Raffarin s'est rendu à la Maison de la chimie, devant les élus de l'UMP qu'il a qualifiés de «génération de l'union et de la proximité» et à qui il a confié leur feuille de route, à savoir donner au gouvernement «les moyens d'agir» pour lui permettre de satisfaire son «devoir de réussir».
 


LA NOUVELLE ASSEMBLÉE :

Image du sondage
>Les résultats par circonscription
>La carte de répartition des votes

ABSTENTION AU SECOND TOUR
Un nouveau record :
Image du sondage
>Les résultats nationaux



 


Droits de reproduction et de diffusion réservés © lefigaro.fr 2002.
Le Figaro est membre du réseau EDA.