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Dermagne : «La société civile doit servir le politique»
Jacques Dermagne est président du Conseil économique et social (CES) depuis 1999 et membre depuis 1984. Il fut auparavant vice-président du CNPF (actuel Medef) de 1980 à 1999. Il a présenté hier un rapport sur la société civile et a profité de l’occasion pour rappeler le rôle du CES.

[31 mai 2002]

Par Cédric SIDOBRE
LE FIGARO. Qu’est-ce qui vous a amené à travailler sur ce thème ?
Jacques DERMAGNE. Nous avons constaté que la sphère politique n’arrêtait pas de parler de la société civile sans savoir ce qu’elle était vraiment. Avec l’aide d’incontestables universitaires, tels que Guy Carcassonne ou Pierre Rosanvallon, le Conseil économique et social a donc voulu apporter sa contribution et établir un document de réflexion à partir duquel nous pouvons ouvrir un débat. Les réponses ne sont en rien péremptoires, mais elles sont suffisamment claires pour que l’on arrête de tout mélanger et pour que la société civile soit en capacité de servir plus que de troubler le politique.
Nous avons eu le sentiment qu’il n’y avait plus de connexions entre les citoyens et l’Etat. Le même problème se pose avec l’Europe, à qui l’on reproche un déficit démocratique et une trop grande distance avec les citoyens. En réalité, on voit bien, au plan mondial comme au plan continental, national ou régional, que c’est le débat sur la pertinence, la qualité et la légitimité de la préparation de la décision publique, celle des élus du peuple et de leur gouvernement, qui est ouvert.
En tant que charnière entre la société civile et la sphère politique, le CES a vocation à faire remonter vers le politique la parole des citoyens et les problèmes de société. Le CES devrait d’ailleurs être saisi d’ici à vendredi par le gouvernement sur différentes questions : les 35 heures, l’Europe sociale ou encore l’attractivité économique de la France.
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