Le député RPR sortant et ancien président de la région Ile-de-France, Michel Giraud, ne se représentant pas, la 6e circonscription du Val-de-Marne est le théâtre d'une âpre guerre de succession au sein de la droite locale. Ce territoire, si ancré à droite qu'il a suscité d'énormes convoitises, comprend les municipalités de Vincennes, Saint-Mandé et Fontenay-sous-Bois. Le maire RPR de Saint-Mandé, Patrick Beaudouin, investi par l'UMP et adoubé par Michel Giraud dont il fut le suppléant, doit affronter le maire DL de Vincennes, Patrick Gérard, choisi par les bayrouistes pour mener le combat des législatives sous les couleurs de l'UDF.A gauche, cette division est vécue comme une aubaine. Le jeune candidat des Verts, soutenu par le PS, Pierre Serne, conseiller municipal vincennois, constate que « les candidats de droite passent davantage de temps à se combattre entre eux qu'à lutter contre la gauche ». Il espère construire son avenir politique sur le déclin du PCF local.
Patrick Beaudouin juge sans aménité la « candidature-tirelire » de son adversaire UDF-DL, « dont Bayrou a besoin pour financer ses ambitions personnelles ». L'ancien attaché parlementaire de Robert-André Vivien, figure historique locale du gaullisme, évoque pourtant des temps pas si anciens « où nous avions prévu d'organiser une démarche d'union ».
Pour garder l'avantage, Patrick Beaudouin veut jouer pleinement la carte de l'UMP, gage, selon lui, de légitimité gaulliste. Il se félicite que sa ville, Saint-Mandé, ait donné 28 % des voix à Jacques Chirac au premier tour de la présidentielle, « le meilleur score de la circonscription », et peut espérer que « la logique qui a conduit les électeurs à voter pour Chirac à la présidentielle les conduira à se reporter sur l'UMP aux législatives ». Tenant d'une politique de sécurité « ferme », le candidat UMP peut également se prévaloir de l'appui de Nicolas Sarkozy, qui devrait venir le soutenir avant le premier tour. C'est d'ailleurs à Saint-Mandé que le futur ministre de l'Intérieur avait lancé, en juin dernier, sa campagne en faveur d'un ministère de la Sécurité regroupant les forces de police, de gendarmerie et les douanes.
Patrick Gérard s'est quant à lui choisi un suppléant de choc avec Christophe Esclattier, conseiller général RPR de Fontenay-sous-Bois, ville administrée par le maire communiste et candidat Jean-François Voguet, dauphin du très populaire Louis Bayeurte. « C'est la seule circonscription du Val-de-Marne où le député sortant ne se représente pas. Il est donc normal que les électeurs aient le choix entre plusieurs candidats, d'autant qu'il n'y a aucun risque de triangulaire », argumente Patrick Gérard, qui refuse de « signer par avance pour un soutien de cinq ans au gouvernement ».
« Je désire, bien sûr, renforcer la majorité présidentielle mais je veux me réserver un droit de critique », conclut cet ancien président du Mouvement des jeunes, et partant, dit-il, « proche de Raffarin ».