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Les enjeux par région / ARTICLE
 
LEGISLATIVES 2002 La droite RPR-UDF-DL, qui a perdu treize circonscriptions en 1997, espère reprendre une petite dizaine de sièges sur la gauche
La droite veut reconquérir la Bretagne


Par Sophie HUET
[16 mai 2002]

A trois semaines du premier tour des élections législatives, Le Figaro débute aujourd’hui en Bretagne son tour de France des régions. Réalisé par les équipes du Guide du pouvoir, le tableau de bord des législatives dont nous entamons la publication présente la situation de chaque circonscription, avec, pour chacune, les principaux candidats connus et leurs chances de l’emporter, telle qu’une minutieuse enquête menée localement a permis de les évaluer. Cet outil ne prétend pas avoir de valeur prophétique : par définition, il ne saurait prendre en compte des mouvements d’opinion qui se produiraient à l’échelle nationale. Son ambition est de refléter le plus fidèlement possible le climat politique constaté sur le terrain au plus près de l’élection.

Jacques Chirac est arrivé en tête au premier tour de l’élection présidentielle, avec plus de 20 % de voix, dans les quatre départements bretons (Côtes-d’Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan). Dans cette région où la gauche détient 15 sièges sur 26, Lionel Jospin a enregistré de fortes baisses (au profit de l’extrême gauche) par rapport au premier tour de 1995, perdant notamment près de huit points dans les Côtes-d’Armor. La droite RPR-UDF-DL, qui a perdu 13 circonscriptions en 1997, espère reconquérir une petite dizaine de sièges sur la gauche. L’Union pour la majorité présidentielle a investi 22 candidats (pour 26 circonscriptions), mais les dissidences nombreuses rendent difficiles les pronostics, en particulier dans le Finistère.

- Côtes-d’Armor (5 sièges. Sortants : 4 PS, 1 PC) : dans ce département où la droite avait conquis 4 des 5 circonscriptions lors de la vague bleue de 1993, l’ancien député RPR Marc Le Fur, investi UMP, est donné favori à Lamballe (3e) sur Didier Chouat (PS sortant), sévèrement battu dès le premier tour des élections municipales de 2001 à Loudéac. D’autant que Le Fur a conquis en 2001 le canton de Quintin, qui était à gauche depuis 30 ans. La droite met aussi ses espoirs en Michel Vaspart, conseiller général, investi par l’UMP, face au successeur de Charles Josselin à Dinan (2e), Jean Gaubert (PS), qui n’a jamais été élu sur son nom. La droite mise encore sur la 1re circonscription, où un duel de dames aura lieu entre Danièle Bousquet, député PS depuis 1997, et Mireille Dubois (RPR-UMP), après la conquête de la ville de Saint-Brieuc en 2001 par l’UDF Bruno Joncourt. A Guingamp (4e), le PC pourrait perdre son seul siège de député de Bretagne.

- Finistère (8 sièges. Sortants : 6 PS et 2 RPR) : la droite s’est toujours entre-déchirée dans ce département. A Quimper, où le sortant RPR André Angot est décédé, deux adjoints du sénateur maire RPR Alain Gérard s’affrontent en primaire : Marcelle Ramonet (DL), l’ancienne suppléante d’André Angot, et Benoît Lecomte (RPR). La situation est totalement confuse à Châteaulin (6e), dont le sortant est l’ancien ministre PS Kofi Yamgnane. Parmi les nombreux candidats dissidents : l’ancien député régionaliste Jean-Yves Cozan, qui sera confronté à son ancien assistant parlementaire, Dominique Cap, élu maire (sans étiquette) de Plougastel-Daoulas en 2001. De même, à Brest-Centre, l’ancien député RPR Jacques Berthelot, rapporteur du budget au conseil régional, se représente face à la candidate UMP, Claudine Peron. A Douarnenez (7e), Hélène Tanguy (RPR-UMP) paraît bien placée (voir ci-dessous) pour reprendre le siège de Jacqueline Lazard (PS). L’ancien ministre de la Justice de Lionel Jospin, Marylise Lebranchu (PS), devrait reprendre son siège à Morlaix (4e).

- Ille-et-Vilaine (7 sièges. Sortants : 4 UDF, 3 PS) : le patron centriste du département, Pierre Méhaignerie, sera-t-il réélu dès le premier tour à Vitré (5e), comme en 1993 et 1997 ? C’est la seule question. A Redon (4e), le président de DL Alain Madelin a finalement accepté de se ranger sous la bannière de l’UMP. Mais il pourrait affronter en primaire le fils de son propre suppléant, Olivier Berthommier, 30 ans. Le maire PS de Rennes Edmond Hervé, qui quitte l’Assemblée, a désigné son poulain : le président du Pays de Rennes, Philippe Tourtelier (PS), qui affrontera deux candidats de droite, dont Loïc Le Brun (UDF), le chef de file de l’opposition à Rennes. La droite se bat aussi pour reprendre la circonscription de Rennes Ouest (3e), où le maire UDF et conseiller général de Pacé, Philippe Rouault, affronte le sortant PS Marcel Rogemont.

- Morbihan (6 sièges. Sortants : 2 DL, 2 UDF, 1 RPR, 1 PS) : c’est le département le plus à droite de Bretagne. A Auray (2e), le Front national (qui a obtenu plus de 20 % de voix à la présidentielle) pourrait provoquer la seule élection « triangulaire » de toute la région, avec la candidature de René Bouin, avocat et conseiller régional. Aimé Kergueris, le député DL d’Auray, aura aussi face à lui l’ancien champion de la traversée de l’Atlantique en aviron, Gérard d’Aboville, qui a été député européen RPR. Le patron politique du département, François Goulard (DL), qui a pris la mairie de Vannes en mars 2001, sera, lui, facilement réélu dans la 1re circonscription. Ce sera plus délicat pour Jacques Le Nay (UDF), réélu à 50,61 % des voix en 1997 à Hennebont. Dans la 3e, Gérard Lorgeoux, vice-président RPR du conseil général, investi par l’UMP, devrait succéder à Jean-Charles Cavaillé (RPR), devenu président du conseil général. L’autre sortant UDF, Loïc Bouvard, aura face à lui à Ploërmel (4e) son propre suppléant, Cédric Banel. Quant au député maire de Lorient, Jean-Yves Le Drian (PS), battu en 1993, réélu en 1997, il tient bien son fief, malgré des soucis avec la réimplantation de l’hôpital.


 


LA NOUVELLE ASSEMBLÉE :

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>Les résultats par circonscription
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ABSTENTION AU SECOND TOUR
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