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Candidats dans les première et deuxième circonscriptions
Forni-Chevènement, les frères ennemis de Belfort

Par Henri PAILLARD
[21 mai 2002]

Raymond Forni et Jean-Pierre Chevènement ne se font vraiment pas de cadeaux. Encore moins que par le passé. Et pourtant, « nous avons une histoire commune », déplore le président PS de l’Assemblée nationale, qui évoque leurs premiers combats remontant à 1973. A l’époque, ils avaient tous deux mis fin au règne de Jean-Marie Bailly, qui avait réussi par un tour de passe-passe quasiment génial d’être ministre de Chaban-Delmas tout en trustant la ville de Belfort, le conseil général, le poste de député, celui de sénateur par suppléants interposés, plus la présidence de tous les organismes liés à la mairie et au département. Un vrai cas d’école ! Bref, depuis trente ans, Chevènement pour le MDC et Forni pour le PS s’étaient répartis les tâches et les postes. Il y en avait équitablement pour les deux. L’un a été trois fois ministre, l’autre président de la commission des lois de l’Assemblée et, pour finir, président de l’Assemblée. Belfort est bien représentée.
Mais voila, « hégémonique », pour ses détracteurs, Chevènement a mis des hommes à lui dans ce tout petit département et supporte assez peu la contradiction. Qui a commencé ? Difficile à dire. Toujours est-il que le PS va envoyer un candidat contre Chevènement dans la ville (2e circonscription), Yves Ackermann, maire de Valdoie (commune de la périphérie belfortaine), fortement soutenu par le sénateur PS Michel Dreyfus-Schmidt. Et le Pôle républicain a désigné Jackie Drouet, fidèle du maire de Belfort, ex-maire de la ville, pour aller défier Raymond Forni dans la 1re circonscription. Le maire de Delle assure avoir cherché un accord qui s’est révélé impossible. De plus, le sort de Delle était suspendu à la décision que devait prendre le PS à propos de la Dordogne : un PS contre Michel Suchod, député sortant MDC, devait entraîner le maintien de Jackie Drouet contre Forni. Pas simple !
« Jean-Pierre n’a pas intégré le résultat de la présidentielle », dit Raymond Forni. « L’éparpillement des voix a été catastrophique. Il faut bien comprendre que le choix des législatives est un choix politique pour les cinq ans qui viennent. » Avec un peu moins de quinze candidats, le risque pour Raymond Forni n’est pas négligeable, d’autant que le FN est à 22 %.
La droite a désigné Damien Meslot qui, dit-on au PS, « n’est pas très loin du FN ». Un des problèmes de l’opposition, c’est que depuis trente ans, elle n’a jamais su trouver un vrai leader local. Si elle a eu des députés entre 1981 et 2002, c’est à la faveur de circonstances spécifiques comme la proportionnelle en 1986 ou la grande vague de droite de 1993 avec l’élection de Jean Rosselot (RPR), battu en 1997 par Raymond Forni, qui reprenait ainsi son siège.
Quant à Jean-Pierre Chevènement, il a certes fait un score meilleur chez lui que dans l’ensemble de la France, avec 19,42 %. Mais cela aurait pu, ou dû, être mieux. Et avec un FN à plus de 22 %, il est clair que les rentes de situation ne sont plus assurées dans le Territoire...
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