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Les enjeux par région / ARTICLE
 
LÉGISLATIVES La gauche, qui ne dispose que de trois circonscriptions, ne se fait pas trop d’illusions, mais le FN pourrait troubler le jeu
En Champagne-Ardenne, la droite veut pousser son avantage


Par Christian CORNEVIN
[21 mai 2002]

11 à 3 : les terres de Champagne-Ardenne n’ont pas été fertiles pour la gauche lors des législatives de 1997 et l’histoire pourrait se répéter, même si la sensible avancée du FN dans la région (Le Pen est arrivé en tête dans trois des quatre départements) risque de troubler le jeu. Il y a cinq ans le parti d’extrême droite avait pu se maintenir dans six des quatorze circonscriptions régionales.

Dans la Marne, six sièges sont à renouveler. En 1997, le RPR et l’UDF avaient réalisé le grand chelem. Qu’en sera-t-il demain ? On suivra avec attention les première et deuxième circonscription du département. Jean Falala, l’ancien maire gaulliste de Reims, ne se représente pas dans la première circonscription, et Jean-Claude Etienne (deuxième circonscription) a quitté l’Assemblée nationale pour le Sénat . Pour ce qui concerne les quatre autres circonscriptions, la Marne devrait être conservatrice avec la réélection de ses poids lourds tels le maire RPR de Châlons-en-Champagne, Bruno Bourg-Broc, ou bien encore l’UDF Charles-Amédée de Courson qui en 1997 s’était « promené » dans la cinquième.

Dans l’Aube (trois sièges à pourvoir), l’événement est constitué par le retrait d’une figure. Inamovible élu de la deuxième (Troyes/Bar-sur-Seine) depuis 1968, Robert Galley, 81 ans, vieux soldat du gaullisme, n’a pas voulu faire le combat de trop. Il y a cinq ans, dans une triangulaire, l’ancien ministre du général de Gaulle, de Georges Pompidou et de Valéry Giscard d’Estaing, n’avait sauvé sa tête que de 180 voix face au leader départemental du PS, Yves Fournier, maire d’Aix-en-Othe. Petit problème : le sortant ne montre pas de zèle à adouber son ancien suppléant, Jean-Claude Mathis. Beaucoup ont cru comprendre que Robert Galley aurait préféré voir son fils, Philippe, lui succéder. Mais l’UMP en a décidé autrement.

L’UMP a aussi accordé l’investiture dans la première (Troyes/Bar-sur-Aube) à l’UDF Pierre Micaux, qui avait pourtant décidé de se retirer après vingt-quatre ans de mandats. Le résultat de la présidentielle et le score élevé de Le Pen l’ont fait changer d’avis. Au grand dam de Marc Sebeyran, président départemental de l’UDF, qui s’était élancé pour prendre la suite.

Dans les Ardennes, où trois sièges sont aussi en jeu, une seule question se pose : la droite, qui avait perdu deux députés il y a cinq ans, peut-elle bénéficier d’un retour de balancier ? Ce n’est pas impossible, même si la socialiste Claudine Ledoux, devenue maire de Charleville-Mézières, a pris un incontestable volume politique. Dans ce département aussi, et peut-être surtout, la percée du FN peut déplacer les curseurs.

Dans la première de la Haute-Marne, le maire apparenté PS de Chaumont, Jean-Claude Daniel, jette l’éponge. Ce pourrait faire le bonheur de Luc Chatel (DL), premier vice-président du conseil régional, qui n’oublie pas que la circonscription était à droite avant 1997. Tranquille est, pour sa part, François Cornut-Gentille, élu pour la première fois dans la deuxième en 1993 et qui n’a cessé de s’affirmer depuis. Le maire RPR de Saint-Dizier n’a-t-il pas été réélu avec 70 % aux municipales 2001?


 


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