Pour peu que le vent électoral souffle dans les voiles de la majorité présidentielle, la région Centre pourrait passer sous pavillon de l’UMP en juin prochain. Ce fut le cas en 1993, quand l’union RPR-UDF avait remporté vingt-deux des vingt-trois circonscriptions réparties sur les départements du Cher, d’Eure-et-Loir, d’Indre, d’Indre-et-Loire, du Loir-et-Cher et du Loiret. A l’époque, seul Jack Lang avait résisté à Blois. Mais il a depuis abandonné la ville et sa circonscription.
Certes, en 1997, la droite parlementaire s’est juste maintenue à flot en ne conservant que douze députés. Mais aux municipales de 2001, RPR, UDF et DL ont repris l’avantage. Dans le Cher, la droite a conservé les mairies de Bourges et Vierzon. Elle a conquis Chartres en Eure-et-Loir, Châteauroux dans l’Indre, Blois dans le Loir-et-Cher et Orléans dans le Loiret. Le PS n’aura sauvé que Tours en Indre-et-Loire, ville qui se sera refusée à l’actuel ministre et député sortant Renaud Donnedieu de Vabres.
En juin prochain, l’UMP pourrait être assurée d’une victoire sans partage, si l’UDF n’avait dans cette région plus qu’ailleurs multiplié les candidatures. Et si l’ombre du Front national ne planait sur le Centre.
Ici, au premier tour de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen a obtenu plus de 12,5 % des inscrits dans dix circonscriptions, réalisant ses meilleurs scores dans le Loiret, l’Eure-et-Loir et le Loir-et-Cher. Dans ces mêmes circonscriptions, le FN avait déjà obtenu de très bons résultats aux législatives de 1997. Mais bien qu’ayant souvent recueilli plus de 15 % des suffrages exprimés lors de ce scrutin, le parti n’avait pu se maintenir que dans trois circonscriptions : en Eure-et-Loir, à Nogent-le-Rotrou et à Dreux, avec Marie-France Stirbois, ainsi qu’à Montargis dans le Loiret. Aux législatives de juin, le FN parviendra-t-il à profiter du nouvel élan électoral impulsé par Jean-Marie Le Pen à la présidentielle ? Le sort de la gauche dépend pour beaucoup de la réponse à cette question.
A priori, la droite devrait conserver les cinq circonscriptions du Loiret, deux successions devant être réglées par le maire d’Orléans, Serge Grouard, et celui de Montargis, Jean-Pierre Door. Dans le Loir-et-Cher, le nouveau maire de Blois, Nicolas Perruchot, et peut-être aussi l’ancien député de Romorantin, Patrice Martin-Lalande, pourraient rejoindre à l’Assemblée le seul député sortant de droite, l’UDF Maurice Leroy. Dans le Cher, où l’UMP-RPR Yves Fromion ne devrait pas être inquiété, l’ancien député Frank Thomas-Richard pourrait écarter l’ancien maire PC de Bourges Jean-Claude Sandrier. Le nouveau venu Louis Cosyns a également sa chance.
En Indre-et-Loire, l’ancien député UDF Jean-Jacques Descamps peut espérer l’emporter. Dans l’Eure-et-Loir, le nouveau maire de Chartres, l’UMP Jean-Pierre Georges, a les cartes en main. La succession de l’ancien ministre PRG François Huwart sera plus disputée. Les meilleures positions de la gauche sont en Indre-et-Loire, à Amboise et Chinon, et à Le Blanc, dans l’Indre.