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Les enjeux par région / ARTICLE
 
Un long chapitre de l’histoire politique du chef-lieu des Vosges se tourne, et le maire élu en 1997 tente de garder la circonscription à la droite
Épinal : Michel Heinrich dans le sillage de Philippe Séguin


H. P.
[27 mai 2002]

A Épinal, dans la 1re circonscription des Vosges, l’ère Séguin est définitivement close. Quel que soit le résultat de la législative, c’est une page de l’histoire politique locale qui va être tournée. Cette période a duré vingt-quatre ans, et, durant toutes ces années, la ville et sa région ont beaucoup évolué. Philippe Séguin, qui n’avait aucune attache avec la région, avait été envoyé là un peu par hasard pour que le RPR gagne cette circonscription considérée comme pouvant aller à gauche. La modeste préfecture s’étiolait au rythme des fermetures d’entreprises consécutives à la crise du textile (notamment Boussac, à l’époque). Même l’imagerie Pellerin, symbole spinalien par excellence, marchait mal.

Séguin fut saisi d’une sorte de boulimie de travaux et Épinal a connu un développement et un embellissement que l’on jugeait irréalisable à la fin des années 70. Celui qui fut député des Vosges depuis 1978 et maire d’Épinal entre 1983 et 1997, a maintenant d’autres projets personnels. De toute façon, son engagement dans les municipales de Paris en 2001 rendait un retour à Épinal politiquement impossible et moralement difficile à justifier.

Le nouvel homme fort de la droite parlementaire est Michel Heinrich, qui est maire d’Épinal depuis 1997, date de la démission de Philippe Séguin de ce poste. M. Heinrich a été réélu en 2001 avec 65 % des suffrages. C’est dire si le passage de témoin a été réussi. Ce pharmacien de 56 ans avait été élu au conseil municipal pour la première fois en 1983. A l’époque, la ville avait été gagnée par Philippe Séguin sur un socialiste. La circonscription a toujours été assez difficile, même si le RPR s’y fait élire régulièrement.

Michel Heinrich rappelle son implantation locale et son travail effectué à la mairie depuis vingt ans : prévention de la délinquance, mise en place d’une politique de sport qui a valu à Épinal d’être consacrée « ville la plus sportive de France » en 1992, affaires scolaires (avec l’expérimentation d’un système d’aménagement du temps de travail « qui constitue une référence sur le plan national », comme le dit le maire). M. Heinrich insiste sur l’aspect « génération terrain », fort en vogue à droite dans la foulée des élections municipales de 2001. L’aspect local revêt une certaine importance dans cette élection. Épinal reste excentrée, en Lorraine. Depuis vingt ans, de gros efforts ont été réalisés, notamment en matière routière. Mais la ville compte beaucoup sur la proximité du TGV Est vers 2006, pour en finir avec ce handicap. Aujourd’hui, les restructurations sont terminées. De nouvelles entreprises sont venues s’installer, comme la papeterie du groupe norvégien NSG.

S’il y a quatorze candidats présents dans cette élection, Michel Heinrich est le seul à représenter la droite parlementaire. Les autres courants politiques sont tous en lice. A gauche PS, PC, LO, LCR, Verts, deux écologistes, Pôle républicain ; à droite, FN et MNR. L’ensemble de l’extrême droite a obtenu 20 % sur la circonscription, mais 15 % seulement dans la ville d’Épinal. Les raisons de ce vote tiennent à diverses causes qui ne sont pas forcément l’insécurité ou l’immigration. Le vote agricole en faveur du FN est une nouveauté et a pour raisons diverses des insatisfactions liées aux problèmes des retraites, des aides à l’agriculture, à la baisse des revenus. Il y a aussi la question de la cohabitation, que les électeurs jugent néfaste, ainsi que le rapporte le candidat UMP : « C’est presque l’unanimité pour dire qu’il n’en faut plus », dit-il.

Le principal adversaire de l’UMP est le socialiste Gérard Welzer. Il avait déjà été candidat contre Philippe Séguin en 1988 et en 1997. Mais pas en 1993, ayant sans doute pensé à l’époque que la vague ne serait pas très porteuse pour la gauche. M. Welzer s’était aussi présenté à la mairie l’an dernier où il avait donc été battu par M. Heinrich.
 


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