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Les enjeux par région / ARTICLE
 
LéGISLATIVES Triangulaires en vue
En Alsace, la droite défend ses bastions


Strasbourg : Yolande Baldeweck
[05 juin 2002]

Comme partout ailleurs, les candidats sont légion en Alsace, brouillant sensiblement les cartes. Ils sont 121 à briguer les neuf sièges du Bas-Rhin et 85 les sept sièges du Haut-Rhin.

Dans le Bas-Rhin, la droite règne sur huit circonscriptions : six sont détenues par l'UDF, dont celle du nouveau ministre radical François Loos, et deux par le RPR. Les socialistes, en dépit de la vague rose de 1997, ont dû se contenter d'un seul élu. Dans le Haut-Rhin, le rapport de forces, au sein de la droite, est inversé. Le RPR a quatre sortants, l'UDF un seul, et le PS deux.

L'élection de Jacques Chirac a dopé la « majorité alsacienne » qui dirige la région Alsace et les deux conseils généraux, et qui a reconquis Strasbourg en mars 2001. D'après ses responsables, les premières mesures du gouvernement Raffarin, dont celles sur la sécurité annoncées par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, séduisent les électeurs du centre et de droite et devraient détourner une partie de l'électorat populaire de l'extrême droite. Au premier tour de la présidentielle Jean-Marie Le Pen était, une nouvelle fois, arrivé en tête...

Les responsables bas-rhinois rêvent même au « grand chelem ». Il n'y a guère de changement de majorité en vue dans les circonscriptions rurales. En revanche, il leur faudra réaliser un parcours sans faute à Strasbourg où le tandem Grossmann-Keller et les deux anciens maires PS, Catherine Trautmann et Roland Ries, sont en lice, mais dans trois circonscriptions différentes.

La gauche part, certes, handicapée par la multiplicité des candidats, de l'extrême gauche au Pôle républicain. Mais l'interrogation porte aussi, comme dans toute l'Alsace, sur les triangulaires avec l'extrême droite et sur le poids respectif du MNR et du FN. Les mégrétistes, qui ont conclu une alliance avec les régionalistes du MRA, se présentent partout sous le label « Alsace debout contre l'immigration et l'insécurité ».

Dans le Haut-Rhin, la droite est plus inquiète... du fait de ses divisions de dernière heure, alors qu'un accord avait été négocié de longue date localement. Elle comptait reconquérir les deux circonscriptions de Mulhouse et de Guebwiller-Cernay, perdues en 1988 au profit des socialistes, regagnées en 1993 et perdues à nouveau après la dissolution de 1997.

A Mulhouse, l'arrivée de l'ancien député UDF de la circonscription voisine, Jean-Jacques Weber – encore inéligible avant le 5 mai – avec la bénédiction de François Bayrou pourrait compromettre les chances de la seule candidate de l'UMP en Alsace, Arlette Grosskost, et de son suppléant UDF, face au maire socialiste bien implanté, Jean-Marie Bockel.

A Ribeauvillé/Ste-Marie-aux-Mines, une circonscription ancrée à droite, ils sont quatre à se réclamer de la « majorité présidentielle », favorisant le conseiller général radical de gauche, Jacques Loëss. Dans les deux cas, l'extrême droite peut jouer les arbitres.


 


LA NOUVELLE ASSEMBLÉE :

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