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A Compiègne-Noyon, le FN joue la triangulaire

B. P. (à Noyon)
[06 juin 2002]

L'an dernier, après sa deuxième défaite aux municipales à Noyon, il avait assuré qu'il ne se présenterait plus à une nouvelle élection. Mais le score de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle en a décidé autrement et, à 77 ans, Pierre Descaves, seul conseiller général FN de France, député de 1986 à 1988 et conseiller régional, s'est retrouvé à nouveau sur les affiches de campagne dans la circonscription Compiègne-Nord-Noyon. « Je suis le plus connu de l'Oise, je devais y aller », se justifie-t-il.
Outre les 22,41 % de voix récoltés par Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle, la disparition accidentelle, le 17 avril dernier, du maire de Noyon, à Belle-Ile, a peut-être fait pencher la balance. Le RPR Bertrand Labarre s'était toujours présenté comme un rempart contre le Front national. Et les 3,19 % de voix enregistrés par Robert Hue dans une circonscription gagnée par le communiste Patrice Carvalho en 1997, à l'issue d'une triangulaire avec le député sortant DL, François-Michel Gonnot, et Pierre Descaves, n'ont pu qu'encourager cet expert-comptable à repartir au combat. Dans sa mairie de Thourotte, le député sortant, Patrice Carvalho, ne se sent aucunement lié au sort de Robert Hue. Mieux, ce communiste atypique ne cesse de rappeler sa différence afin ramener à lui les électeurs. « Je n'ai voté aucun budget et j'ai voté contre les 35 heures et la loi de modernisation sociale », insiste cet ancien ouvrier mécanicien de Saint-Gobain, qui compte sur son aura personnelle. « On me prédit que je ferai dix fois mieux que Robert Hue », assure-t-il. « Carvaho est un communiste d'extrême gauche au pouvoir très personnel », critique François-Michel Gonnot, candidat de l'UMP. Le premier adjoint au maire de Compiègne et vice-président du conseil général de l'Oise, député de 1988 à 1997, veut croire que l'heure de la revanche a sonné. Le sort a voulu qu'il n'ait pas à affronter une éventuelle primaire à droite contre Bertrand Labarre. « Aujourd'hui, il faut rassurer les Noyonnais, qui se sentent seuls face au Front national », souligne celui qui est, par ailleurs, président de l'office HLM de l'Oise (25 000 logements gérés dont 6 000 sur la 6e circonscription). « La droite est très mobilisée, j'ai plus de 400 personnes qui travaillent au « tractage » et au collage, je n'ai jamais vu ça depuis vingt ans », se félicite-t-il.
« Le RPR se méfie de Gonnot », persifle Bernard Hellal, du Pôle républicain. Cet ancien du PS, maire de Margny-les-Compiègne, pense qu'il récupérera les voix des électeurs RPR refusant de voter pour le candidat de l'UMP. Ce Kabyle de 48 ans, qui se qualifie lui-même d'« enfant du PS », compte également capter une partie des voix de la gauche pour jouer les trouble-fête.
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