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Les enjeux par région / ARTICLE
 
LÉGISLATIVES La gauche détient treize circonscriptions sur dix-huit depuis 1997. Mais la situation, cette fois, lui est beaucoup moins favorable
Picardie : la droite prépare sa revanche


Amiens : Béatrice Pujebet
[06 juin 2002]

La Picardie offre un panorama assez complet des schémas électoraux possibles. Le département de l'Oise est lentement grignoté par l'Ile-de-France et son cortège de problèmes (transports, insécurité) ; celui de l'Aisne est frappé par la désindustrialisation, à l'image des 700 emplois que Soissons vient de perdre ; dans celui de la Somme, le développement d'Amiens ne peut masquer une profonde ruralité, qui s'est exprimée dans la montée du vote des chasseurs et l'opposition au troisième aéroport,

En 1997, de nombreuses triangulaires, conjuguées à la vague rose, avaient joué en faveur de députés de gauche. Sur 18 circonscriptions, la gauche en avait gagné 13. Cette fois-ci encore, le FN, qui a enregistré une poussée dans l'Oise lors de la présidentielle (25,08 % au second tour) et s'est renforcé dans l'Aisne (24,57 % au second tour), compte s'inviter souvent au second tour.

Des deux ministres en lice, c'est Gilles de Robien (UDF) qui a le moins de souci à se faire dans la 2e circonscription de la Somme (Amiens). Renaud Dutreil (UMP) avait été élu en 1997, dans la 5e de l'Aisne, à l'issue d'une triangulaire. La division de la gauche, cette fois-ci, renforce ses chances de réélection.

Les chances de la droite sont évidemment plus grandes où elle se montre unie, comme à Saint-Quentin avec Xavier Bertrand (RPR-UMP), dans la 6e circonscription de la Somme avec le président du conseil général, Alain Gest (UDF-UMP), ou dans la 6e de l'Oise (Compiègne-Nord Noyon) avec François-Michel Gonnot (DL-UMP). En jurant de faire battre la gauche plurielle, les chasseurs devraient également favoriser la droite en baie de Somme, où la gauche se présente très divisée. Vincent Peillon, porte-parole du PS, dans la 3e circonscription, et Francis Hammel, le socialiste sortant de la 4e, apparaissent très menacés.

Les divisions pourraient également coûter cher à la gauche dans la 7e circonscription de l'Oise, où le député sortant, le socialiste Jean-Pierre Braine, désavoué par les militants, se présente quand même, sans étiquette, face au candidat officiel, Gérard Weyn. Très divisée à Soissons, la gauche pourrait quand même conserver son siège grâce à la présence de deux candidates à droite : Edith Errasti, l'actuelle maire (UMP), et Emmanuelle Bouquillon (UDF), qui avait démissionné de la mairie en janvier 2000. Dans la première de Beauvais, le candidat de l'UMP et ancien député RPR, Olivier Dassault, affrontera le socialiste sortant, Yves Rome, mais aussi Caroline Cayeux, maire RPR de Beauvais depuis l'an dernier. Dans la 2e circonscription (Beauvais-Sud), l'issue du combat est incertaine, car le président du conseil général de l'Oise, Jean-François Mancel, dont c'est le retour, affrontera, pour l'UMP, la sortante socialiste Béatrice Marre, qui a réussi à faire l'union à gauche.


 


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