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A Marseille, le FN tend en vain la main à l'UMP Marseille : de notre envoyé spécial Olivier Pognon [14 juin 2002] C'était une tentative sans beaucoup d'espoirs. Les responsables et candidats marseillais du FN n'y croyaient guère. Ils ont essayé tout de même. Sortir de leur isolement, tenter de fissurer le mur que les dirigeants de la droite ont placé entre leurs formations et le mouvement lepéniste : c'est pour eux, d'une manière générale, une obligation stratégique. A Marseille, cela aurait donné une petite chance au FN d'avoir un ou deux députés. La situation marseillaise pouvait suggérer des idées d'échanges de bons procédés entre le FN et la droite : dans la huitième circonscription, une triangulaire met en présence Christophe Masse, PS (35,6 % au premier tour), Jacques Rocca-Serra, UMP-UDF (26,8 %) et Stéphane Durbec, FN (21,1 %). Dans deux autres circonscriptions marseillaises, la droite a été éliminée au premier tour. Il y a deux duels. L'un de ces duels (4e circonscription) oppose le communiste Frédéric Dutoit (25,9 % au premier tour) au FN Jean-Pierre Baumann (24,4 %). L'autre (7e) met aux prises Sylvie Andrieux, PS (36 % au premier tour) et Stéphane Ravier, FN (26 %). Dans la triangulaire, Christophe Masse a presque fait le plein des voix de gauche au premier tour. C'est le maintien du candidat FN qui rend peu probable une victoire du candidat de l'UMP au second tour. Dans les duels, si le réflexe de « vote républicain » fonctionne correctement, les candidats FN seront largement distancés au second tour par la socialiste et le communiste. D'où un certain nombre de déclarations ces derniers jours. Dans un premier temps, Jacques Rocca-Serra (UMP) fait remarquer que « la triangulaire ne sera pas un obstacle à la victoire de l'UMP si les électeurs du FN comprennent que voter pour l'extrême droite, c'est faire élire la gauche ». Deuxième temps : Christophe Masse (PS) se déclare « outré » par les « appels du pied » de Rocca-Serra au FN. Jacques Rocca-Serra rétorque qu'il ne s'est pas adressé au FN mais à ses électeurs, et que Christophe Masse est mal placé pour incarner la vertu outragée, lui dont le père, Marius, qui lui passe le relais législatif, a été élu député en 1993 et 1997 « grâce au FN ». Troisième temps : Stéphane Durbec décide de « prendre au mot » Jacques Rocca-Serra. Lors d'un débat sur France Bleu Provence, mercredi soir, il lui propose de se retirer, « en échange d'un appel de l'UMP » à ses électeurs pour qu'ils « barrent la route à la gauche » dans la 4e et la 7e circonscription. Le candidat UDF-UMP répond que « c'est impossible » et que « ce n'est même pas négociable ». Dernier temps : le FN, dans un communiqué, a dénoncé hier « la collusion entre le parti unique chiraquien et la gauche socialo-communiste » et « appelé les électeurs de droite à voter massivement dans ces circonscriptions pour Jean-Pierre Baumann et Stéphane Ravier ». Stéphane Durbec reste donc en lice, Jean-Pierre Baumann et Stéphane Ravier sont confrontés au « vote républicain ». François Franceschi (UMP-RPF) et Marie-Jeanne Fay-Bocognani (UMP-RPR) ont appelé à « faire barrage au FN » dans la 4e et la 7e circonscription. L'une des deux circonscriptions réunit des îlots de tranquillité – coquettes villas dans des jardins fleuris – et des cités « à problèmes ». Stéphane Ravier, 32 ans, employé chez France-Télécom, en blue-jean et tee-shirt, va de jour dans les îlots pour distribuer ses tracts de deuxième tour. Dans les cités où, dit-il, « la police n'entre pas », c'est à trois heures du matin qu'il s'aventure. Tout en remarquant que, même là, et parmi la population d'origine étrangère, beaucoup de gens votent FN. Le candidat FN joue les modestes face à une Sylvie Andrieux qui est, selon lui, l'archétype de la « gauche caviar ». La candidate socialiste, fille d'un sénateur de même étiquette, en appelle aux citoyens contre « le FN raciste et xénophobe ». Sylvie Andrieux, qui vante le « travail considérable accompli dans la circonscription pour aller au-devant des gens », ne paraît pas se faire de souci pour sa réélection. Frédéric Dutoit, le candidat communiste de la quatrième circonscription, arpente les boulevards du quartier, accompagné d'élus locaux et de responsables associatifs. Maire d'arrondissement à Marseille, il se présente au deuxième tour comme « celui qui fait barrage à l'extrême-droite ». Son tract ne fait pas allusion à son étiquette communiste. Mais Jean-Pierre Baumann (FN), expert-comptable de 58 ans, ne se fait pas faute, au contraire, de la rappeler. A l'attention des électeurs du RPF François Franceschi. A Marseille, le FN tente d'exploiter un terrain qu'il juge favorable à sa stratégie : placer un coin entre l'électorat de la droite modérée et ses dirigeants. |
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